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Protectionnisme, écologie, et contre-productivité
5 juin 2013On apprend aujourd'hui que la Chine n'apprécie pas la mise en place d'une nouvelle taxe protectionniste de l'Union Européenne sur les panneaux solaires chinois.
Pour rappel, cette taxe est motivée par les subventions perçues par les fabricants chinois, qui leur permettent de vendre leurs produits à bas prix sur le marché européen, imposant ainsi une concurrence importante sur les fabricants européens.
En réalité, les problèmes rencontrés par l'industrie solaire européenne provient surtout de la baisse des subventions qu'elle percevait. La Chine, de son côté, a maintenu ses aides financières.
Une analyse économique s'impose. La Chine, en subventionnant les exportations de son industrie solaire, permet aux européens de profiter de bas prix sans que leurs gouvernements n'aient à dépenser en subventions. Autrement dit, en instaurant une taxe sur les importations solaires chinoises, l'Union Européenne refuse de facto un cadeau chinois.
L'argument censé justifier ce refus est qu'en l'absence de protection, l'industrie solaire européenne sera détruite et ne connaitra pas de développement. En la protégeant durant une certaine période, on lui laissera le temps d'atteindre un certain niveau de production auquel elle pourra réaliser des économies d'échelle lui permettant de rivaliser avec les prix chinois sans protection. Ainsi, si le coût associé au prix plus élevé à subir durant la période de protection est inférieur aux bénéfices qui seront à terme retirés de l'activité de l'industrie solaire, la protection peut se révéler bénéfique.
Il existe plusieurs problèmes avec cette argumentation. Premièrement, s'il est vrai que l'énergie solaire sera, à terme, profitable sans protection ni subvention, alors des investisseurs privés seront prêts à investir sans aide gouvernementale. Un contre-argument répandu à cette objection est que l'existence d'externalités positives en production (spillover effect) fait qu'un entrepreneur n'a pas intérêt à investir en premier, car son investissement et son amélioration technique sera copiée ou profitera à ses concurrents. Ainsi, aucun entrepreneur n'aura intérêt à investir. Mais comme le note Baldwin (1969), ceci n'est pas lié à la présence ou non de mesures protectionnistes. La mise en place d'une taxe sur les panneaux chinois n'aura donc pas d'effet sur l'incidence des externalités en production.
Ensuite, l'incitation donnée aux producteurs européens est de produire des panneaux solaires à un prix élevé. Une concurrence chinoise incite précisément les producteurs européens à investir davantage dans le développement technologique que dans la production, car produire des panneaux solaires leur est inutile, étant donné leur coût supérieur à celui chinois. Investir dans la technologie, en revanche, est leur stratégie optimale. Ainsi, en protégeant l'industrie, on déplace l'incitation du développement technologique vers la production de panneaux solaires peu rentables.
Enfin, les producteurs européens, s'ils savent que la protection dont ils bénéficient dépend de leur infériorité par rapport aux protecteurs étrangers, auront une incitation à rester inférieur et non à dépasser les concurrents étrangers. Bastiat ajouterait que leur activité se déplacera en plus vers le lobbying en faveur de la perpétuation du protectionnisme.
La décision de l'Union Européenne révèle ainsi une inadéquation entre moyens et objectifs exprimés. Alors que l'on prétend aider le secteur solaire européen au nom du développement des énergies renouvelables, la mesure est contre-productive et mènera à une utilisation moins répandue de l'énergie solaire en Europe.
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Statistiques d'ivrogne
5 juin 2013Décidément, l'alcool a bon dos. Imposé lourdement, accusé de semer le trouble... Dans un système de santé collectivisé, une partie des risques de toute activité ou choix de vie est nécessairement socialisée. Pourtant, parmi différentes activités de loisirs potentiellement dangereuses, seule la consommation récréative d'alcool est régulièrement prise pour cible.
Pour s'attaquer à ce vice immoral, donc, tous les moyens semblent bons, y compris les manipulations statistiques les plus grossières et les mesures les plus absurdes.
Ainsi, il est proposé d'introduire un prix minimum, et de ne plus pouvoir acheter de l'alcool en magasin entre 22h et 6h. Deux mesures, donc, qui n'empêchent pas de s'ennivrer, mais rendent l'opération plus onéreuse. Mesures anti-pauvres, donc, applaudies par le PS. Sans doute est-ce pour leur bien...
L'alcool serait également coupable des violences domestiques, avec l'argument expéditif que "dans un quart des situations de violence en Suisse, un des partenaires du couple a bu au moment des faits"
Mais bu quoi ? De l'alcool ? De l'eau ? Du jus de tomates ? Les trois sont peut-être vrais, mais les trois n'impliquent pas causalité. Pourquoi pas, selon la même logique : "dans un quart des situations de violence en Suisse, un des partenaires du couple avait bu du thé au moment des faits" ou encore "dans un quart des situations de violence en Suisse, un des partenaires du couple était étranger au moment des faits". Bon, celle-ci n'est pas drôle, l'UDC n'hésiterait pas un instant à l'utiliser.
Plus grave, une étude affirme que l'alcool coûterait 6,7 milliards à "la société"... dont 4,4 estimés au pifomètre !Sans doute ses auteurs n'ont-ils pas entendu parler de la théorie de la préférence démontrée, c'est à dire que la seule chose que l'on sait, c'est que les gens sont prêts à payer pour acheter de l'alcool, malgré les impôts exorbitants. Les "préférences exprimées" ne prouvent rien du tout par définition. D'ailleurs, si les traitements pour problèmes d'alcool sont remboursés par l'assurance obligatoire, on ne pourra jamais savoir combien qui que ce soit est réellement disposé à les payer.Nous pourrions aussi mentionner l'empoisonnement délibéré par l'Etat de l'alcool dénaturé, c'est à dire le fait que pour ne pas subir un impôt confiscatoire sur un produit, l'Etat oblige à y ajouter un poison mortel... Pour notre bien, naturellement. -
Expulsion : contraire aux droits de l'homme
27 avril 2013L'Etat suisse a été condamné une troisième fois (!) par la Cour européenne des droits de l'homme pour sa pratique d'expulsion des étrangers "criminels", cette fois-ci pour avoir expulsé un ressortissant du Nigéria condamné pour "trafic de drogue".
C'est l'occasion de rappeller une nouvelle fois que :
- la prohibition des drogues est une absurdité
- l'expulsion d'étrangers est en soi une pratique raciste et discriminatoire
- cette expulsion a été prononcée avant l'entrée en vigueur de l'initative de l'UDC pour le renvoi des étrangers bien intégrés, qui ont commis un petit délit et ont purgé leur peine, montrant une nouvelle fois sa démagogie, sa malhonnêteté et son inutilité flagrantes
- la jurisprudence suisse, loin d'être "laxiste", est déjà brutale au point d'être reconnue comme contraire aux droits de l'homme par la CEDH
- ce qui n'empêchera pas l'UDC de continuer à réclamer, par une nouvelle initative, une application plus stricte de la première initative (nouvelle malhonnêteté).
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Imposition spoliatrice de l'alcool
15 avril 2013Afin de mieux évaluer l'imposition des boissons alcoolisés, l'Institut Laissez-faire vous propose ce nouvel outil pratique Confoederatio.ch - Degré d'alcool vs degré d'imposition.
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Constructivisme fumeux
13 mars 2013Tel l'élégiaque volatile, vous goûtez les méditations planétaires tout en chavirant dans le flot ordinaire de ce pour quoi, en principe, vous êtes élu et rémunéré sans parcimonie. Je vous devine ainsi à Porto Alegre, le front grave et la mine triste, à votre habitude, contemplant du pont de Pedra un ruisseau boueux évocateur du capitalisme abhorré, vaticinant avec quelques éphèbes sur l'avenir d'une planète qui, à vos yeux, trouvera la consolation le jour où, à l'exception des chômeurs, l'humanité ne comptera plus que des fonctionnaires veillant avec rigueur au caractère obligatoire des rares activités qui ne seront pas prohibées.
La mentalité constructiviste résumée avec exactittude : toute votre vie doit être planifiée, il ne doit donc y avoir que deux types d'activités, les obligatoires et les prohibés. L'absurdité des différents constructivismes est rarement révélée aussi clairement que lorsqu'ils tergiversent de l'une à l'autre possibilités.
Ainsi, en Suisse nous avons par exemple une part importante de la population qui souhaite interdire l'achat d'armes, alors qu'une autre trouve normal d'obliger certains à en avoir.
Mais un exemple particulièrement intéressant est donné par le tabac. Ainsi, divers constructivistes proposent sa prohibition pure et simple. Tant pis pour les échecs patents s'il en est des prohibitons d'alcool, de drogues, etc., sur à peu près tous les plans imaginables (santé "publique", criminalité, etc.).
Mais la palme revient sans doute à un citoyen de Singapour, Etat connu pour ses idées progressisstes...
This provides an opportunity for states, counties and cities to adopt the Smokefree Generation, a proposal by A. J. Berrick, a mathematics professor in Singapore.
The idea is simple: no one born in or after 2000 can ever be sold cigarettes. Under such legislation, which jurisdictions like the Australian state of Tasmania are considering, the vast majority of this cohort — the oldest are now 13 — would never begin smoking. It’s hard to imagine too many parents objecting, and it would be easy for retailers to enforce. In the United States, it would provide a useful focus for state and local public health officials to do something game-changing, rather than sitting on the sidelines waiting for Washington to act.
Et pendant ce temps, l'union européenne relance les subventions aux producteurs de tabac. En Suisse, nous avons aussi un beau constructivisme sur le sujet, couplé à une politique tout aussi incohérente...
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Des règlements si raisonnables qu'il faut les imposer de force
25 février 2013Dans le genre constructivisme aussi, on remarquera que nous avons actuellement un débat public très sérieux sur une initative populaire proposant d'imposer, par la violence comme toujours (3 ans de prison pour les ennemis du peuple qui ne s'y soumettraient pas), une règlementation donnée concernant des points précis et strictement privés des règlements de sociétés anonymes.Oui, nous en sommes là : une situation où une partie de la population s'imagine avoir le droit d'imposer ses caprices, sur des points aussi précis que cela, par la violence, au reste de la population. Initative sans doute suffisamment capricieuse pour rejoindre la liste peu glorieuse des rares initatives sufisamment démagogiques pour avoir été acceptées en votation populaire.Comme toujours, une seule différence pertinente, entre ceux qui considèrent que la Constitution est là pour rappeller nos Droits, et ceux qui la confondent avec un catalogue de caprices frivoles. -
Socialistes de tous les partis, laissez-nous vivre !
25 février 2013Comme Friedrich Hayek l'a souligné, la véritable distinction n'est pas la distinction habituelle entre les socialistes et les conservateurs (ou la droite et la gauche), mais entre les constructivistes et les libéraux, c'est-à-dire entre ceux qui pensent possible de « construire » une société et ceux qui pensent qu'il faut laisser agir les individus sans que l'on puisse savoir ce qu'il en résultera.Pascal Salin, Libéralisme.I do not recognize anyone's right to one minute of my life
Ayn Rand
Un exemple flagrant de constructivisme est donné par Phillipe Barraud sur commentaires.com, blog se réclamant (sans doute) de la branche "de droite" des constructivistes.Rarement aura-t-on vu autant d'arrogance constructiviste concentrée en quelques lignes. Ainsi, le constructiviste Barraud se réjouit de mesures socialistes qui vontfaire disparaître un certain nombre d’établissements, dans une ville qui en compte beaucoup trop.Beaucoup trop aux yeux de qui ? De monsieur Barraud lui-même sans doute, qui dans son omniscience divine sait exactement le nombre d'établissements de nuit que doit compter Lausanne. Un peu comme son confrère constructiviste Saint Couchepin qui avait lui décidé que le taux de fumeurs de cigarettes dans la population devait se situer à 20%.Le problème des nuits lausannoises vient, entre autres raisons, du fait que l’offre est clairement excédentaire.Les principes d'ajustement de l'offre et de la demande, démontrés au premier graphique de la première heure de la première leçon du premier cours de la première année du premier cycle d'études en économie, reposant sur les libres choix et la volonté de l'ensemble de la population, sont insignifiants face aux desiderata d'un constructiviste. Il sait, lui, si une offre est excédentaire. Tant pis si certains établissements sont déjà bondés au point de ne plus pouvoir entrer : illusion néolibérale sans doute, puisqu'on vous dit que l'offre est excédentaire ! Le constructiviste le sait, même s'il ne fréquente, lui, guère lesdits lieux de perdition.Et que notre taulier se rassure: il y a beaucoup d’autres activités culturelles, sans doute plus gratifiantes, pour occuper “les jeunes”.Car de toutes façons, d'après Le Plan, il ne convient pas pour les jeunes d'aller en boîte de nuit. Pas ce Plan quinquennal-ci, pour le moins. Monsieur Barraud, lui, préfère jouer au scrabble en sirotant une tisane à la pamplemousse, alors pourquoi, après tout, le reste de la population ne suivrait-il pas son vénérable modèle ? En plus, le Prince le sait, ces activités sont plus gratifiantes. Seule question, les activités décidées par le constructiviste Barraud seront-elles les mêmes que celles qu'affectionne le constructiviste Berset lorsqu'il organise nos dimanches ?Sinon, la population risque d'être confuse : il ne faudrait pas non plus la laisser choisir entre les activités qu'elle souhaite - où irait-on - de même que ces utra-libéraux de Nord-Coréens laissent leur populace, laxisme suprême, choisir entre 18 coupes de cheveux différentes.Mais naturellement, une fois le constructivisme engagé, comme l'avait très bien montré Hayek, des mesures de plus en plus drastiques doivent être prises pour l'appliquer, jusqu'au point de répugner même ceux l'ont lancé (mais gageons que monsieur Barraud a encore de la marge avant d'en être là) :Il conviendrait aussi de surveiller plus sérieusement les commerces vendant de l’alcool et des cigarettes, sachant que la plupart d’entre eux se moquent comme de colin-tampon des dispositions légales. Dans certains pays, ces commerces doivent arborer une grande pancarte, avec un numéro de téléphone, invitant les clients à dénoncer le commerçant s’il est surpris à vendre des boissons et des cigarettes à des mineurs. Hélas, chez nous, les contrôles sont aléatoires, et les sanctions dérisoires. Si un commerce devait fermer six mois pour avoir enfreint la loi, l’effet sur ses confrères serait assurément plus efficace.Délation, mesures punitives envisagées non pas en fonction du principe de proportionnalité mais afin d'inciter la peur : les grands classiques du Siècle de l'Etat qu'on aime tous.Mais le constructiviste Barraud n'est (malheureusement) pas seul dans son combat d'arrière-garde.La Genève calviniste, déjà bien plus avancée que notre Lausanne bien-aimée dans la répression du vice et la promotion de la vertu par la limitation des débits de boissons (en plus de celle des places de parc, autre péché mortel), décide elle aussi d'aller plus loin. Après tout, s'il n'y a déjà plus rien à faire à Genève passées deux heures du matin (heure où le bon Genevois dort, ainsi en a-t-il été décidé), le Genevois est encore autorisé à s'amuser jusqu'à cette heure. Sorte de permission de Carnaval malvenue dans la capitale protestante.Détail piquant, les principaux adversaires de cette mesure pourtant socialo-hygiéniste se trouvent être les Jeunesses socialistes genevoises... Auxquels nous devons le magnifique slogan "faites l'amour pas les magasins", ainsi que l'argument de la protection des travailleurs... Lorsqu'il s'agissait de s'opposer à l'ouverture des magasins le dimanche.C'est toujours très drôle de restreindre la liberté des autres, tant que ce ne sont pas vos petits amusements à vous qui sont touchés. Quand ils sont venus chercher les communistes, etc... Gageons que monsieur Barraud serait, de même, le premier à rougir d'indignation s'il s'agissait de fermer un opéra ou autre théâtre (sans doute d'ailleurs lourdement subventionnés, contrairement aux établissements de nuit au contraire lourdement taxés).Encore une fois, il faut recadrer le débat sur les vraies questions, ou la vraie question, la seule : l'identité des droits de tous, ou le constructivisme. La violence strictement encadrée, ou le chaos sauvage de la violence utilisée pour tout et n'importe quoi. Car, comme le savait déjà Hayek en dédicaçant sa Route de la Servitude aux "socialistes de tous les partis", les étiquettes habituelles n'apportent strictement pour comprendre les vrais enjeux et les véritables motivations. Le seul vrai débat est entre ceux qui croient que le Droit est là pour délimiter l'usage de la force aux cas où elle est nécessaire, et ceux qui croient que la violence est un moyen légitime pour imposer leurs goûts personnels. Entre ceux qui considèrent que la Constitution est là pour rappeller nos Droits, et ceux qui la confondent avec un catalogue de caprices frivoles. -
Minimiser sa facture fiscale
11 février 2013Afin de contribuer à réduire le poids de l'Etat, l'Institut Laissez-faire vous propose cet outil pratique afin de ne pas payer inutilement la TVA : Confoederatio.ch - comment payer moins de TVA à l'importation.
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Chacun son indignation
1er décembre 2012Décidément, la question du mariage gay déchaîne les passions constructivistes, montre le niveau des politiciens, si besoin était... Et révèle les préférences irrationnelles des uns et des autres.
Ainsi, la famille Le Pen nous fournit une nouvelle fois une (fausse) question rhétorique :
Si on va au bout de la logique, pourquoi interdire la polygamie ?
Pourquoi, en effet ? L'Etat doit se borner à réprimer les mariages forcés (qu'il suffirait de traiter comme une série de viols et complicité de viols). Pourquoi donc devrait-il se soucier du nombre des participants d'un contrat, de même qu'il ne doit pas se soucier de leur genre ? La liberté s'accorde en genre et en nombre. Un contrat libre est un contrat entre N personnes librement consentantes, pas un contrat où l'Etat prédéfinit le nombre des participants (pourquoi 2 serait-il moins arbitraire que 17 ?) et décrète les caractéristiques génétiques qu'ils doivent avoir.
Mais il y a encore plus révèlateur. Ce que Marion Maréchal-Le Pen entend par polygamie, c'est polygynie : plusieurs femmes pour un homme, et c'est cela qui l'indigne. Certaines organisations musulmanes, en revanche, s'indignent :
L’UOIF a rappelé sur son site internet son opposition au mariage gay, en mettant en garde contre les conséquences que pourrait selon elle avoir sa légalisation. «Si le mariage entre deux personnes de même sexe devient une norme, alors toutes les revendications, même les plus incongrues peuvent, un jour, devenir une norme, au nom du même principe d'égalité», écrit l’organisation, proche des Frères musulmans. «Qui pourra délégitimer la zoophilie, la polyandrie, au nom du sacro-saint amour ?» poursuit-elle.
Notez la subtilité : eux ne parlent pas de polygamie ou polygynie, légale en terre d'Islam, mais de polyandrie (une femme pour plusieurs hommes, pratiquée au Tibet par exemple).
Ce type d'indignation sélective nous montre bien ces revendications pour ce qu'elles sont : des préférences subjectives, irrationnelles, purement culturelles, qu'il faudrait imposer à l'ensemble de la société, y compris à ceux qui ne partagent pas ces valeurs.
Rappellons-le encore : il n'y a qu'une question politique pertinente, et donc que deux types de points de vue politique. D'un côté, ceux qui pensent que la violence ne peut être utilisée que pour se défendre de, ou répondre à, une agression, et de l'autre, ceux qui s'imaginent être en droit d'utiliser la violence pour imposer le moindre de leurs caprices. Que ce soit, en l'occurence, une société sans polygynie, ou une société sans polyandrie.
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Le féminisme est un constructivisme
30 novembre 2012L'égalité, la vraie, c'est l'identité des droits de tous. L'égalité entre hommes et femmes, l'identité des droits entre hommes et femmes, donc, consiste simplement à rayer les mots "homme" et "femme" des textes de lois. Ni plus, ni moins.
Les féministes, en proposant d'utiliser la violence étatique pour imposer des quotas de femmes, notamment, veulent donc réintroduire le genre dans la loi. Autrement dit, revenir en arrière sur l'égalité, la vraie, pour, la remplacer par l'imposition par la violence de leurs idées à elles, leurs propres préférences, sur ce que "devrait" être la composition de la société.
Le constructiviste Couchepin estimait que la part de fumeurs de cigarettes dans la population devrait être à 20%. Utiliser la violence étatique pour réaliser cette préférence ne semblait pas lui poser de problème. Les féministes, elles, ont décrété un taux tout aussi arbitraire de 50% de femmes pour certaines activités, jusqu'à l'absurde :
Dans le sport, la parité devra être observée dans les fédérations d’ici à 2014.
Il n'est pas clair s'il faudra interpréter cela comme devant conduire à des équipes de foot de 5 hommes, 5 femmes, et un(e) hermaphrodite, mais après tout, l'article précise bien que c'est d'égalité "réelle" qu'il faut parler.
Naturellement, les autres instruments constructivistes ne sauraient être laissés de côté :
- un ministère aux Droits des femmes
- un Haut Conseil à l’Egalité
- de la propagande étatique à la Télévision du régime
- de l'endoctrinement des enfants
- de la manipulation statistique grossière pour prétendre que les femmes seraient moins payées que les hommes (cumulée au non sequitur que si c'était le cas, l'Etat devrait intervenir)
Bref, comme souvent, les mots sont trompeurs, et les constructivistes (au féminin aussi), sont particulièrement habiles pour se cacher derrière l'égalité pour prôner la réintroduction de l'inégalité en droit. Et naturellement, cela fait toujours un prétexte de plus pour étendre la sphère d'influence de l'Etat, et se servir de son monopole de la violence "légitime" pour imposer certaines préférences parfaitement subjectives.

