Lemieux, ennemi du bien?
Pierre Lemieux, l'auteur de Du libéralisme à l'anarcho-capitalisme, revient sur son livre 30 ans après. Dans un article publié sur Contrepoints, il ne semble plus guère convaincu par la conclusion de la critique libérale de l'Etat. Conclusion qui, rappellons-le, nie à l'Etat toute légitimité dès lors qu'il constitue, par définition, un monopole de la violence légitime, et qu'un tel monopole ne saurait l'être, de légitime, dès le moment qu'il repose sur la violence agressive pour le maintien du monopole.
Au nom du principe de la propriété, au nom du droit que je possède de me pourvoir moi-même de sécurité, ou d'en acheter à qui bon me semble, je demande des gouvernements libres. C'est-à-dire, des gouvernements dont je puisse, au gré de ma volonté individuelle, accepter ou refuser les services.
Le débat sur le dernier pourcent d'Etat est un peu indécent dans un contexte où l'Etat explose à plus de 50%. Cependant, puisque l'auteur respecté d'ouvrages sur le libéralisme et l'anarcho-capitalisme dénonce ce dernier, nous estimons nécessaire de répondre aux points qu'il soulève.
En effet, ces critiques contre l'anarcho-capitalisme ne sont en vérité pas nouvelles. Ce sont les mêmes que les adversaires du libéralisme utilisent également, nous en profitons donc pour leur répondre de façon générale. Les arguments présentés par Pierre Lemieux relèvent selon nous de quatre sophismes, que nous explicitons ci-dessous, avant de les étayer en rapport avec des extraits du texte de Pierre Lemieux et les cinq arguments principaux qu'il propose pour justifier l'existence de l'Etat.
1. Deux poids, deux mesures et pétition de principe
Le premier est le sophisme Deux poids, deux mesures et pétition de principe (2P2M). Ce sophisme consiste à affirmer d'une part que le laissez-faire ne résoudrait pas un problème, puis à en déduire qu'un Etat, minimal ou non, le résoud, sans justifier cette deuxième proposition. Or:
- En appliquant les mêmes exigences théoriques (expliquer comment le système marcherait, pourquoi il serait stable, quelles seraient les incitations), rien ne permet d'affirmer que l'Etat, minimal ou non, fonctionnerait.
- Et en matière empirique, tout montre au contraire que l'Etat ne marche pas, et que dans tous les domaines qui ont pu être comparés, le marché libre réussit mieux que la violence politique.
2. La théorie des "biens publics"
Le deuxième consiste à s'en remettre à la théorie des biens publics, qui ne repose en réalité sur strictement aucune base. (Au même titre d'ailleurs que la notion de "service public".) Il n'y a tout simplement pas de biens publics, il n'y a que des biens privés, c'est à dire des biens demandés par une ou plusieurs personnes. Les justifications à l'Etat, en termes de théorie des "biens publics", sont complètement non-scientifiques, sont en réalité des théories ad hoc inventées de toutes pièces pour rationaliser ex post l'existence d'Etats apparus par la conquête.
3. Des suppositions étranges sur la nature humaine
Notre cadre théorique est que si l'anarcho-capitalisme est adopté par une population, cela signifie qu'une part importante de cette population souhaite l'anarcho-capitalisme, et donc est consciente du danger de l'Etat. L'Etat ne disparaît pas du jour au lendemain, et s'il disparaît mais que tout le monde le souhaite, il réapparaîtra naturellement.
En revanche, nous estimons a priori inchangé le reste de la nature humaine, c'est à dire des personnes ni meilleures ni pires que celles qui peuplent nos contrées actuelles, mais qui auraient simplement compris (à une majorité suffisante pour que le régime change) que le Chapeau homme de l'Etat ne justifie pas la violence agressive, ou qui auraient reconnu leur intérêt dans une société sans Etat.
Pierre Lemieux semble partir de la prémisse exactement contraire, qui nous semble absurde : l'anarcho-capitalisme serait adopté par une société qui ne le souhaite pas, et dont par ailleurs la nature humaine serait foncièrement différente de l'actuelle, soit qu'elle devrait être fondamentalement meilleure pour que ça marche, soit qu'elle serait fondamentalement pire et que donc ça ne marcherait pas.
Selon nous, une société libérale est une société où une part suffisamment importante de la population a reconnu que la violence n'est pas une façon légitime d'imposer ses préférences, quelles que soient ces préférences par ailleurs, mais que l'usage de la force est légitime uniquement pour défendre des droits de propriété légitimes.
4. Un oubli des fondements du libéralisme
Le libéralisme, selon nous, consiste à :
- reconnaître l'identité des droits de tous, c'est à dire que tout être humain, qua être humain, a les mêmes droits, qu'il soit homme ou femme, blanc ou noir, hétérosexuel ou homosexuel, éboueur ou policier ;
- reconnaître que ces mêmes droits peuvent être résumés par le Droit de propriété, qui satisfait au critère d'universalité, c'est à dire le Droit de tout être humain de ne pas subir d'agression contre sa personne ou ses biens, et donc le Droit qui en découle de se défendre contre de telles agressions.
Cette position peut être résumée par le principe de non-agression, sur lequel nous reviendrons.
La position libérale, n'est donc pas tant de prôner l'anarchie ou la minarchie, mais simplement de reconnaître une vérité simple : jusqu'à preuve du contraire, les hommes de l'Etat sont des êtres humains comme les autres, et ont donc les mêmes droits que n'importe qui, ni plus ni moins. L'Etat, en tant que groupe d'être humains, n'a aucun droit que les êtres humains qui le composent n'auraient pas :
The people cannot delegate to government the power to do anything which would be unlawful for them to do themselves.
John Locke
Le concept d'Etat a-t-il encore un sens si les hommes de l'Etat respectent le Droit ? Question terminologique que nous ne règlerons pas. Molinari lui-même, par exemple, ne parle pas d'abolition de l'Etat ou des gouvernements, mais de gouvernements libres, en concurrence. Ayn Rand défend un Etat financé volontairement.
En revanche, s'il fallait admettre une entorse au principe d'universalité du Droit et du Droit de propriété, la charge de sa justification incombe à ceux qui la proposeraient (présomption de liberté - de Jasay), c'est à dire qu'il faudrait démontrer pourquoi il serait légitime d'initier l'usage de la violence physique contre un être humain qui n'a enfreint les droits légitimes de personne.
La théorie et l’histoire suggèrent qu’une société anarchique représente un équilibre instable : ou elle sera conquise par un État étranger, ou un État indigène y sera recréé, ou elle sera la proie de bandes de pillards – les « bandits nomades » de Mancur Olson.
L'Instabilité
La théorie et l’histoire suggèrent qu’une société anarchique représente un équilibre instable
La défense nationale
La première difficulté concerne la défense de la société anarchique contre les prédateurs étatiques étrangers. Cette défense territoriale représenterait un véritable bien public, du moins pour les anarchistes (des non-anarchistes pourraient évidemment vivre dans la société anarchique). Il est douteux que des solutions réalistes existent pour contourner le problème des passagers clandestins et assurer un niveau suffisant de production privée de ce bien public. Devant la puissance armée des tyrans étrangers, qui enrégimentent leurs sujets et réquisitionnent leurs biens, une société anarchiste aurait peu de chance de survie, comme l’histoire l’atteste.
Le faux problème du "passager clandestin"
- l'argument vaudrait aussi pour un Etat minimal financé volontairement (position de Ayn Rand) ;
- il vaudrait aussi pour, par exemple, "l'aide aux plus démunis", et les manuels d'économie qui défendent encore la théorie des biens publics ne se privent donc pas de la mentionner comme bien public. Inutile de préciser que l'argument du "passager clandestin" peut dès lors justifier tout et n'importe quoi...
La guerre, à quoi bon ?
Quelle armée ?
- individu seul
- famille
- association de quartier
- association
- mutuelle
- assurance
- entreprise à but lucratif
- entreprise sans but lucratif
- milice volontaire
- oeuvre d'entraide
- charité
- église
- club
- groupe
- fondation
- etc.
- une population individuellement armée ;
- des milices volontaires locales ou régionales ;
- une armée nationale.
Ou d'autres solutions que les entrepreneurs découvriront sur un marché libre. Ce n'est pas à nous d'en décider.
Soit on veut une armée, soit on n'en veut pas
- la sécurité ne représente que quelques pourcent du budget de l'Etat ;
- sans l'Etat, nous serions plus riches.
- aujourd'hui, la population accepte en majorité de payer des impôts (en Suisse par exemple, le peuple vote sur les impôts, il ne choisit pas de les supprimer. Bien sûr, ce ne sont pas forcément les mêmes qui les approuvent et qui en paient la grande part, mais il y a certainement un ensemble commun important aux deux groupes) ;
- mais que sans l'Etat, il n'y aurait pas assez de personnes prêtes à payer volontairement, non pas 50% de leur revenu, mais 0,5 % de leur revenu, ou encore moins, ceci pour assurer vraiment leur sécurité. et maintenir un modèle de société dont ils connaissent la valeur ?
Les souhaits ne sont pas source de Droit
La réémergence d'un Etat
L’anarchie déboucherait tôt ou tard sur la création d’un nouvel État. L’État apparaît inévitable [4]. Or, n’en déplaise à Murray Rothbard, cette éventualité comporte un risque car le nouvel État pourrait fort bien être encore plus insupportable que l’ancien. Tous les États ne sont pas également tyranniques.
Le monopole naturel
Même si on néglige la menace de tyrannie étrangère, un deuxième problème mine l’idéal anarchiste : la sécurité publique intérieure relève vraisemblablement d’un monopole naturel. Robert Nozick soutient que la concurrence entre agences ou associations privées de sécurité mènera à la domination de l’une d’entre elle
La sécurité intérieure
Dans l’anarchie, soutient Olson, des bandits nomades ratissent le territoire, volant, pillant et tuant ceux qui résistent. Ils n’ont aucune raison de se retenir puisque ce que chaque chef de guerre ne vole pas, le bandit nomade suivant qui passera par là le volera à sa place. L’accumulation du capital (des instruments aratoires, par exemple) est donc impossible et le niveau de subsistance est tout ce que les victimes peuvent espérer.
- la violence étatique assure bien la sécurité (N'y-a-t-il donc pas de bandits nomades qui ratissent le territoire ?) ;
- la libre coordination des individus ne peut pas l'assurer.
Position pour le moins étonnante de la part de l'auteur du Droit de porter les armes, qui doit donc connaître l'incapacité de la police à assurer la sécurité partout et en tout temps, l'insécurité régnante actuellement, et l'impact décisif du rôle d'une population individuellement armée pour assurer la sécurité... Une grande partie de la sécurité est d'ailleurs déjà assurée par des sociétés de sécurité privée.
Il serait plus intéressant de se demander quelle est l'incitation des acteurs à assurer la sécurité, avec l'Etat et sans l'Etat. Dans une société sans Etat, on peut imaginer des systèmes d'assurance, où les entreprises de sécurité auraient un intérêt réel à ce que la sécurité soit garantie. L'Etat, en revanche, trouve tout son intérêt dans l'insécurité. En réalité, l'Etat mène vers une situation à la fois extrêmement répressive et non-garante de la sécurité courante, ce que certains auteurs ont appelé "l'anarcho-tyrannie". Plus précisément, l'intérêt principal de l'Etat est non pas de garantir la sécurité, mais d'asseoir son pouvoir. Ainsi, la répression la plus féroce frappe les faux crimes, alors que les vrais crimes sont laissés impunis.
Nous pouvons aussi mentionner que le crime n'est pas nécessairement rentable. Les activités illégales les plus rentables ne sont pas le crime, mais les activités du marché noir, qui se font non seulement sans l'Etat, mais contre lui.
Homo homini lupus : l'argument hobbésien
Contrairement à ce que supposent John Locke et Robert Nozick, les gens ne respectent pas nécessairement les droits d’autrui ; sans État, ils se livrent plutôt à une « guerre de tous contre tous » à la Hobbes.
Il n’y a pas d’état de nature lockéen ni d’État nozickien, où la plupart des gens respectent la morale et renoncent spontanément à la violence.
Argument hobbésien classique. Mais la réponse libérale n'a jamais été de nier la nature humaine. Pierre Lemieux semble ici commettre un sophisme de l'homme de paille :
Je ne crois pas que la plupart des libéraux affirment que les gens respectent nécessairement les droits d’autrui. Ils affirment plutôt que :
- la plupart des gens veulent une société où le droit d'autrui est respecté ;
- la plupart des gens respectent le droit d'autrui lorsque c'est leur intérêt ;
- le marché est une organisation où les gens ont intérêt à respecter les droits les uns des autres (jeu à somme positive) ;
- l'Etat, en revanche, introduit justement une situation de guerre de tous contre tous : guerre pour les subventions, les privilèges, la répartition des dépenses publiques (jeu à somme négative).
La nature humaine ne rentre pas dans l'équation
Le postulat libéral est : que l'homme soit bon ou mauvais ne change strictement rien. Si l'homme est tel qu'il est, l'Etat le rend pire, s'il était pire, l'Etat le rendrait encore pire, et s'il était meilleur, l'Etat le rendrait toujours pire. Le système étatique pousse les pires au pouvoir (Friedrich Hayek, The Road to Serfdom, ch. 10), et l'Etat, justement, créé un contexte légal offrant de mauvaises incitations (aléa moral), et pousse à la guerre de tous contre tous : une société où tout le monde paie pour tout le monde, et où tout le monde en vient à haïr ceux qui utilisent les ressources ainsi collectivisées.
Men cannot be made good by the state, but they can easily be made bad.
Lord Acton
A contrario, la beauté du marché est qu'il pousse des hommes égoïstes, qui ne partagent pas la même religion ou les mêmes valeurs, à échanger dans leur intérêt commun et donc à cohabiter pacifiquement plutôt que de se faire la guerre. C'est le principe de la fameuse main invisible de Adam Smith.
Ainsi, le but n'est pas de postuler une société sans violence, mais d'avoir une société offrant les bonnes incitations, c'est à dire une société où le crime n'est pas rentable, et où un marché libre, non-reglémenté, offre au contraire des opportunités bien plus intéressantes de s'enrichir honnêtement.
Les libéraux ne veulent pas un système où par magie tout le monde serait gentil ; ils veulent un système où la sécurité et le respect du Droit seraient mieux assurés par le marché qu'ils ne le sont aujourd'hui par l'Etat, et où, accessoirement, leur argent ne serait pas dilapidé à détruire la vie d'innocents à grands frais de police et de prisons.
L'interdiction du meurtre, de l'agression et du vol est dans l'intérêt de l'écrasante majorité de la population (sinon nous serions restés à l'Etat sauvage et n'aurions pas ce genre de discussions), et vraisemblablement même un voleur ou un meurtrier ne veulent pas être tués ou volés (critère d'universalité et d'unanimité ou quasi-unanimité auquel on reconnaît le vrai Droit).
Le principe de non-agression
Le « principe de non-agression » me fait penser au « principe de non-gravité ». Un monde sans agression est aussi souhaitable qu’un monde où on pourrait vaincre la pesanteur à volonté.
La gravité est une loi de la physique, de même il y a des lois de l'économie à peu près aussi inévitables (on peut ignorer la loi de la gravité et se faire mal en tombant, on peut aussi ignorer la loi de l'offre et de la demande et avoir des pénuries). Le principe de non-agression est un résumé du rejet libéral de la violence agressive.
C'est une position normative, qui exprime le souhait, non pas de vivre dans une société sans agression, mais de vivre dans une société où les agressions sont punies (ou empêchées, ou dédommagées), rien que les agressions (et non les faux crimes) et toutes les agressions (les vrais crimes impunis lorsqu'ils sont commis par des personnes en uniforme aussi).
Le libéralisme, faut-il le rappeller, est une philosophie du Droit, c'est à dire une théorie sur quels actes sont injustes (les agressions) et doivent être reconnus comme tels. Le libéralisme n'est pas un pacifisme, ni une théorie sur la nature humaine, ni une utopie.
Les bandits nomades de même que toute bande criminelle sont des États par définition. « État » et « violence » étant identiques, il s’ensuit que l’abolition de l’État supprimerait la violence par définition
De nouveau, un sophisme de l'homme de paille (Pierre Lemieux renvoie à un texte de Block, mais Block ne le dit nulle part dans le texte).
Ré-expliquons le donc une nouvelle fois :
Il ne s'agit pas de postuler la non-violence, mais de progresser vers une société où la violence agressive serait mieux (efficacité du marché), et plus universellement (plus d'immunité juridique pour les hommes de l'Etat), empêchée ou réprimée.
Ce que les libéraux reprochent à l'Etat, c'est d'une part de ne pas punir toutes les agressions (certains sont plus égaux que d'autres), et d'autre part de punir autre chose que des agressions (c'est à dire de commettre des agressions, des crimes, en prétendant punir des actes qui ne sont pas des crimes).
Conclusion
Mais par quelle magie attend-on d'un monopole violent qu'il fasse soudain le contraire de ce qui constitue tout à la fois son principe de base, la condition de sa survie, et l'intérêt de ses agents?
Pierre Lemieux n'est pas ignorant de la croissance de plus en plus sauvage de l'Etat ces 30 dernières années. Les déboires actuelles des social-démocraties, pour un libéral ou un économiste correctement formés, ne sont pas une suprise, mais la conséquence inévitable de ce que les auteurs libéraux ont compris, analysé et expliqué depuis au moins 150 ans (Bastiat, Molinari, puis les Autrichiens). Seule la théorie autrichienne permet de comprendre la crise actuelle, seul le libéralisme permet de comprendre les conséquences de plus en plus répressives et les politiques de plus en plus absurdes comme une conséquence inévitable de l'étatisme une fois adopté.
Plus que jamais, des cas comme la confiscation bancaire de Chypre, que les régimes les plus communistes n'auraient pas reniée, montrent la vraie nature de l'Etat et de ses impôts. Plus que jamais, l'instabilité monétaire actuelle montre que l'Etat n'est pas capable d'assurer la gestion de la monnaie. Plus que jamais, l'insécurité des pays d'Europe montre que l'Etat est incapable d'assurer la sécurité. Plus que jamais, la dérive répressive des Etats-Unis montre qu'un Etat, même doté d'une constitution libérale, ne peut pas s'auto-limiter et éviter de tendre vers la tyrannie.
Plus que jamais, surtout, le progrès technologique et social mène vers une société de plus en plus moderne, de plus en plus civilisée, et l'Etat et sa violence répressive, son règne par la force, apparaissent de plus en plus comme des institutions complètement dépassées, complètement inadaptées à une société de l'information moderne, mondialisée, ouverte et tolérante.
Plus que jamais, donc, le rôle des libéraux n'est pas de défendre l'Etat, mais de montrer l'opposition criante entre la société civile et l'Etat, entre la coopération volontaire (sous toutes ses formes) et la contrainte par la violence (sous toutes ses formes), entre la civilisation du marché et la décivilisation de l'Etat, entre l'ordre spontané des échanges et le chaos de la planification.
Plus que jamais, enfin, le rôle des libéraux est d'expliquer ces vérités, afin de s'assurer, justement, que lorsque les Etats s'effondreront, une alternative crédible sera développée et connue : la liberté.