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Oui à la fin de l'AVS !

Les explications officielles concernant la votation sur l’AVS sont d’une lecture savoureuse.

On y apprend par exemple que la réforme « harmonise l’âge de la retraite des hommes et des femmes en le fixant à 65 ans » : les spin-doctors ont bien travaillé, harmoniser ça sonne bien, ça fait harmonie (du grec ἁρμονία, union, jonction, unison, rien de mal là-dedans). Et pourquoi niveller par le haut quand on peut niveller par le bas ? Après tout, tant qu’à faire dans le socialisme, autant le faire en bonne et due forme !

En effet, la naissance de l’AVS coincïde avec l’entrée du premier socialiste au Conseil fédéral :

En décembre 1946, les Chambres plébiscitent le projet de loi, à la quasi-unanimité. Un référendum est lancé par la droite libérale, mais le peuple soutient avec force le texte. Le 1er janvier 1948, la loi sur l’AVS pourra ainsi entrer en vigueur, posant les fondements de l’Etat social de l’après-guerre et dont le développement accompagnera les Trente glorieuses, ces trente années de prospérité ininterrompues, jusqu’à la crise des années 70. Durant cette période, l’AVS symbolisera l’alliance de fait entre bourgeois et socialistes, sur la base d’un deal de grande ampleur: en échange d’une reconnaissance du système en place et de la nécessité militaire, comme réponse à la menace communiste, les socialistes ont pu compter sur un renforcement continu de l’Etat providence, l’octroi de places au Conseil fédéral (avec l’entrée d’Ernst Nobs au gouvernement dès 1943) et une mainmise progressive sur le domaine culturel et intellectuel.

L’AVS, c’est aussi la numérotation de la population et un contrôle insidieux sur le marché du travail, par exemple pour les indépendants — autant de merveilleux principes socialistes. Et aujourd’hui un autre socialiste - Alain Berset - tente de nous vendre le sauvetage d’un système inviable (car socialiste) :

Le ministre évoque la fin de l’AVS en cas de non au projet Prévoyance 2020

L’AVS, donc, est fondée sur le même principe qui a valu 150 ans de prison à Bernard Madoff ; à la différence près que le système de Madoff, au moins, était volontaire : l’AVS, elle est obligatoire, c’est donc une forme d’impôt sur le revenu. Impôt particulier car lié à une redistribution dépendant elle-même de la démographie — et de la durée de vie :

Les générations à forte natalité issues des années 50 et 60 atteindront l’âge de la retraite dans les prochaines anneées. Cette évolution entraînera une augmentation du nombre de nouvelles rentes qui pèsera fortement sur les finances de l’AVS. À cela s’ajoute que les rentes de vieillesse sont versées plus longtemps en raison de l’allongement de la durée de vie. Les dépenses excèdent donc les recettes, et les comptes de l’AVS ne sont plus en équilibre. Un déficit n’a pu être évité l’année dernière que grâce aux intérêts générés par la fortune de l’AVS. Si aucune réforme n’est entreprise, les déficits de l’AVS vont se creuser rapidement d’année en année et la fortune va s’épuiser. Les rentes ne pourront alors plus être garanties.

Le texte original allemand précise sans doute « Was für eine große Überraschung! »

Il aurait été sans doute possible d’intervenir sur les deux autres fronts : encourager activement l’immigration de masse, et limiter l’accroissement de la durée de la vie. Les mauvaises langues diront que c’est ce que le gouvernement essaye déjà, aussi, de faire, voire même que c’est, pour le second point du moins, une caractéristique inévitable du socialisme.

Les solutions proposées ? Tout aussi merveilleuses, tout aussi socialistes.

D’abord, augmenter la TVA. Impôt lui-même subtilement bien nommé, puisqu’il s’agit bien d’un impôt et non d’une taxe.

Effectivement, parmi la ribambelle d’impôts possibles, choisir l’un des moins efficaces, simplement parce qu’il a la particularité d’être aussi payé par les retraités dont il est censé financer les revenus, c’est plutôt adroit. C’est le principe du seau d’eau de Churchill. L’avantage étant bien sûr de masquer le montant net du transfert additionnel proposé.

Ensuite, utiliser pour l’AVS une part de ladite TVA jusqu’alors dévolue à la Confédération — c’est le principe Flamby : c’est gratuit c’est l’État qui paie ! Il va sans dire, en effet, que la Confédération n’avait rien d’autre de prévu de cet argent, et que d’ailleurs en cas de NON le 24 septembre elle continuera de ne rien en faire, sans aucune possibilité de l’affecter à d’autres dépenses, ni de le rendre à la population.