Institut Laissez-faire : La liberté sans compromis.

Créateurs et destructeurs

Ayn Rand les appellait les pillards : le problème, en effet, n'est pas seulement la redistribution de la richesse (vol), mais aussi et surtout la destruction causée par cette redistribution (vandalisme). Ou encore, la destruction causée par les mesures de vandalisme pur, c'est à dire, des personnes payées par de l'argent qu'on nous a pris de force, payées à exercer une nouvelle violence à notre encontre, mesures purement vexatoires qui ne vont pas les enrichir davantage, mais vont uniquement nous appauvrir. 

Selon eux, donc, nous devrions perdre notre temps à remplir des déclarations d'impôts, des fiches, des formulaires, ou encore à trier nos déchets. Puis à pétitionner pour des subventions, des exceptions, des allocations, des privilèges, des exemptions de leurs propres lois, afin de pouvoir survivre après avoir été privé de ce qui nous appartient. Sous le contrôle bienveillant d'armées de fonctionnaires et autres bureaucrates, veillant à l'application de lois et règlements qui nuiront d'autant plus à la société qu'ils seront appliqués avec rigueur. Autant d'activités qui ne créent absolument rien, inutiles dans le meilleur des cas, mais bien plus souvent purement destructrices. Autant d'actions de "faire son travail" qui seront d'autant plus nuisibles que le travail sera "bien fait".

Tout ceci, donc, au lieu de produire, et de se rendre service les uns aux autres contre rémunération... Quelles peuvent bien en être les conséquences ? Au-delà même de la société de plus en plus totalitaire à laquelle cela mène, où tout doit être contrôlé, renseigné, informé, surveillé, archivé ? Principalement le fait que nous assistons déjà, et allons assister de plus en plus si le processus de décivilisation n'est pas inversé, à des pays affichant des taux de croissance négative, autrement dit, un appauvrissement de génération en génération. Une aberration absolue, inimaginable dans une situation un tant soi peu normale, vu le progrès technologique et l'accumulation de capital qui émergent spontanément sur un marché libre, donc dans une société libre.

L'action effective de l'Etat se résume ainsi à détourner du temps humain, la seule vraie resource rare en fin de compte, d'activités productrices vers des activités inutiles ou destructrices. C'est que les hommes de l'Etat appellent "créer des emplois" : créer artificiellement du "chômage" (autre absurdité sur un marché libre) en privant les entreprises des moyens d'engager du personnel pour satisfaire la quantité illimitée de besoins et désirs humais réels, puis se positionner en sauveur providentiel en employant des gens à creuser des trous et à les remplir. Histoire de "relancer" l'économie, comme si les crises économiques que nous connaissons auraient pu apparaître sans les manipulations grossières des taux d'intérêts par les apprentis sorciers des banques centrales. 

L'Etat est l'antithèse de la civilisation. La civilisation, c'est la division du travail, la création de richesses dans une société où les uns collaborent avec les autres en échangeant biens et services et créeant de la valeur, l'accumulation de capital, le respect de principes universels limitant l'usage de la violence. L'Etat est une institution de sabotage de la civilisation, une force de décivilisation, dévouée à rendre plus difficile la division du travail, l'accumulation de capital, l'échange, la création de valeur, la coopération pacifique, le progrès, l'extension de la durée de vie, l'innovation, la croissance, la vie.